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Colnec Health et l’AGDUC (CHU de Grenoble)

Entretien avec le Pr Philippe Zaoui, Chef de la clinique de Nephrologie du CHU de Grenoble et Président de l’association AGDUC.

L’AGDUC est une association à but non lucratif, régie par la loi de 1901. Installée au sein du CHU de Grenoble, l’AGDUC s’occupait initialement de favoriser le suivi des patients à domicile. Ensuite se sont développées des activités dans les secteurs de l’autodialyse, de la dialyse péritonéale et de d’hémodialyse.

Plus récemment, l’AGDUC a été autorisé dans le cadre d’un centre de santé à développer la  prévention et l’éducation thérapeutique des patients atteints d’insuffisance rénale.

L’AGDUC assure la prise en charge régulière du traitement de plus de 870 patients chroniques, et accueille des patients temporaires, qu’ils soient vacanciers ou en déplacement. De part sa vocation régionale, l’AGDUC est implantée dans des départements de  l’Isère, la Drôme, l’Ardèche, la Savoie ou les Hautes-Alpes.

L’ AGDUC est depuis juillet 2010 un établissement de santé privé d’intérêt collectif (ESPIC).

Colnec Health travaille avec l’AGDUC et fourni l’application Colnec pour le suivi de ses patients.

Rencontre avec le Pr Philippe Zaoui qui nous explique sa démarche.

Quelle est votre propre vision de la télémédecine ?

J’y crois beaucoup depuis maintenant plusieurs années, on a eu un certain nombre d’expérimentations de télémédecine qui m’ont paru tout à fait rassurantes, pour moi, pour les patients et pour leur entourage. Je pense que les maladies chroniques sont probablement la cible la plus intéressante pour la télémédecine. Il y a des choses intéressantes pour les professionnels de santé comme nous, gestionnaires de patients porteurs de maladies rénales, un peu comme pour les patients porteurs d’insuffisance cardiaque ou d’insuffisance respiratoire. On a besoin d’avoir des informations sur leur état en continu, et pas seulement à l’occasion de consultations séquentielles au cours de l’année.

Votre spécialité est la néphrologie et l’insuffisance rénale, quels avantages tirez-vous d’un outil comme Colnec ?

Pour nous, le problème c’est que 9% de la population adulte a potentiellement une maladie rénale ou, en tout cas une estimation du débit de filtration rénal au-dessous des normes. Heureusement ce n’est pas 9% mais 0.02% qui va se retrouver en dialyse ou en greffe, il y a deux types de populations : une population non évolueuse et une population évolueuse. Et l’intérêt que je vois à travers la télémédecine c’est que ça permet de gérer les patients, de garder le contact et la main de manière virtuelle pour 70 à 80% des patients et de concentrer l’activité clinique (les consultations, les plateaux techniques) sur les patients les plus évolueurs, ceux qui vont sur la dialyse ou la greffe ou ceux chez qui il faut moduler le traitement et augmenter la surveillance. L’intérêt c’est que, ces patients font des examens biologiques, des surveillances par tensiomètre, des suivis du poids, des œdèmes et ce sont donc des data qui peuvent être transférées par voie électronique sans que forcément les patients viennent jusqu’à l’hôpital. On gagne donc en transport, en temps et en sécurité de la surveillance car on a un contact, on peut échanger par messagerie, vidéo, pour savoir ce qui se passe à domicile ; cela permet également de surveiller l’efficacité du traitement, mais aussi sa tolérance et sa compliance.

On a de nombreux sujets âgés ou insuffisants cardiaques qui ont une baisse de leur fonction rénale et, si cette baisse est peu importante et surtout elle est stable au cours du temps ; quand on peut valider ces contrôles par voie informatique et qu’on peut les contacter pour valider que « tout va bien, ne changez rien au traitement », cela permet d’éviter des déplacements et de dépenser de l’offre de soins inutilement.

Pourquoi avoir choisi Colnec ?

Colnec comporte un avantage, c’est que c’est une solution non spécifique. Elle est développée pour suivre le patient à son domicile et peut être modulable en fonction du patient et de ses besoins au cours du temps. C’est une application versatile qui peut s’adapter à plusieurs pathologies et permet d’avoir un dossier unique pour plusieurs intervenants. Colnec nous permet d’avoir une unification des informations et un dossier centré sur le patient.

Nous avons aujourd’hui deux projets : un projet pour les patients en dialyse, pour évaluer ce qui se passe en dehors des séances et les conseiller au mieux pour gagner en autonomie. Et un deuxième projet pour les patients en pré-dialyse pour juger du moment où ils vont moins bien et quand démarrer la dialyse. Nous voudrions mettre une centaine de patients dans ce suivi et évaluer ce que cela apporte aux patients à 6 mois, 12 mois.

Propos recueillis par l’équipe de Colnec Health.